samedi, mai 23, 2026
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Journée internationale des musées 2026 : Le Bénin écrit une nouvelle page de son histoire muséale

Ce 18 mai 2026, alors que le monde célèbre la Journée internationale des musées, créée en 1977 par l’ICOM, le Bénin ne se contente pas de commémorer, mais il construit. Le pays vit une mutation profonde de son paysage culturel, portée par quatre grands musées internationaux, la création de la Réunion des musées publics du Bénin (RMPB) et la mise en place d’un comité national pour la restitution des biens culturels spoliés à l’époque coloniale et l’ajout d’un symbole puissant : le Bateau de départ, reproduction grandeur nature du dernier navire négrier à quitter la côte de Ouidah. Au-delà de tout ceci, la ville de Ouidah est hissée au rang de ville cité musée, avec le renforcement de capacité des guides, afin d’affiner leur compétence.

Avec un budget global de 250 millions d’euros sur la période 2016 -2026, le Bénin élève des institutions de classe mondiale. Le Musée international de la Mémoire de l’Esclavage (MIME) à Ouidah, livré fin 2026, présentera les points de vue africains, européens, américains et caribéens sur la traite transatlantique. Devant ses portes et à la plage le Bateau de départ, reproduction fidèle du dernier navire négrier « l’Aurore » parti de Ouidah en 1860, offre une expérience immersive qui transforme une page douloureuse de l’histoire en lieu de réflexion, de deuil et de résilience.

Le Musée des Rois et des Amazones du Danhomè à Abomey, intégré à 10 palais et plus de 1 050 objets, fera suite aux restitutions de 26 œuvres par la France. Le Musée international du Vodun, en construction à l’entrée de Porto-Novo, valorise le vodun comme patrimoine vivant et philosophique. Enfin, le Musée d’Art contemporain (MACC) dans le nouveau quartier culturel de Cotonou, lancé en 2023, rayonnera sur l’art africain actuel.

La Réunion des musées publics du Bénin (RMPB), dont le Conseil d’administration a été nommé en février 2026, supervise la politique muséale nationale, harmonise les pratiques et professionnalise les équipes. Le Suisse Jacques Ayer en prend la tête en décembre 2025, marquant une étape décisive.

Parallèlement, un comité national pour la restitution des biens culturels recense et négocie le rapatriement d’œuvres spoliées, réintégrant la mémoire collective dans les nouveaux musées béninois. La restitution n’est pas seulement un acte diplomatique : c’est une justice mémorielle et une affirmation de souveraineté culturelle.

2026 est une année charnière : la plupart des grands chantiers doivent être achevés et mis en exploitation dès 2026–2027. Le Bateau de départ, les quatre musées, la RMPB et le comité de restitution forment un écosystème cohérent de mémoire, de réparation et de projection vers l’avenir.

En cette Journée internationale des musées, célébrons non seulement les musées existants, mais surtout la volonté du Bénin, sous la pulsion d’un visionnaire le Président Patrice TALON, qui reprend la plume de son histoire et qui réécrit, pierre par pierre, œuvre par œuvre, le récit de son identité.

Les musées béninois ne sont pas des monuments figés : ils sont des projets vivants, lieux de résilience, de dignité et d’espérance, capables d’accompagner les transitions de notre temps.

Sessi TONOUKOUIN

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